Entre les branches

Les aventures d'une enseignante francophone

La fossilisation des erreurs

le 14 juin 2012

À l’école, certaines erreurs sont devenues des expressions courantes parmi les élèves.  J’ai tenté de corriger quelques unes cette année, soit « C’est mon/ton/son. » pour « C’est le mien/tien/sien » et l’utilisation du mon anglais « get » pour remplacer toute une gamme de verbes en français.  Malgré le fait que la plupart des élèves comprennent la forme correcte et peuvent souvent s’autocorriger sur demande, ces erreurs continuent à casser les oreilles des enseignants.

Pourquoi? Ce phénomène s’appelle la fossilisation des erreurs.  Il  À force d’entendre la forme fautive, les élèves s’en habituent et l’oreille se développe en conséquence.  Donc, pour les élèves, la phrase « Je dois get mon cahier » est aussi normale et naturelle que « Je dois chercher mon cahier. »

Comme toute habitude, il faut investir beaucoup (beaucoup, beaucoup…) plus d’effort à casser une habitude que pour la créer (hélas!) Évidemment, il vaut mieux corriger l’erreur avant qu’elle ne se fossilise mais jusqu’à quel point peut-on corriger sans limiter l’expressivité.  Il faut garder l’équilibre entre le droit à l’erreur et la correction pour aider les élèves à s’améliorer sans perdre le goût de s’exprimer.

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4 responses to “La fossilisation des erreurs

  1. Luis Carlos Marroquín Ortiz dit :

    Bonjour, Mme Samson. Je suis professeur de FLE en Colombie. Je viens de lire votre article et je me demande si le phénomène de la fossilisation existe bel et bien. Je considère que pour corriger une erreur (même si vous l’avez faite pendant des années) il faut surtout une détermination profonde de correction de la part de l’apprenant. Pas de salut en dehors de cela.

    • Mme Samson dit :

      Effectivement, la fossilisation des erreurs n’est pas une notion scientifique mais un phénomène que l’on remarque chez les élèves en L2. C’est bien possible de la corriger (avec une détermination). Ce que je voulais surtout exprimer, c’est que dans mon groupe, certaines erreurs sont tellement répandues (et commises depuis si longtemps) que les élèves sont habitués à les entendre et les croient bien normales.

  2. Luis Carlos Marroquín Ortiz dit :

    Ah, je comprends. Merci de votre réponse.

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