Entre les branches

Les aventures d'une enseignante francophone

Des débuts de ludification

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Depuis l’atelier éblouissant de M. Scott Hebert, je  suis entrain de modifier mes pratiques pour inclure de plus en plus de ludification (gamification) dans mes cours.  En bref, la ludification, c’est l’incoporation des éléments de jeu en salle de classe.  Pour moi, cela implique un système qui mesure le progrès à partir de zéro, des éléments de compétition et des récompenses non-matériels.

Bien que M. Hebert suggère fortement l’installation graduelle d’un système de ludification, je me suis lancée tout de suite dans la modification de mon cours d’option à part entière, tellement cette idée m’a emballée. (Un billet sur mon histoire de pirates est à venir). Un mois plus tard, j’ai installéun système de « football » pour la gestion de classe d’un deuxième cours (billet à venir).  Je ne peux pas dire que cela a complètement changé mon enseignement mais j’aime bien les résultats jusqu’ici.

Un exemple d’une toute petite modification que l’on peut installer immédiatement m’est venue à l’esprit pendant mon cours aujourd’hui. J’ai un groupe d’élèves très agités (il s’agit du groupe « football ») et, fatiguée de donner des avertissements et des conséquences (cartons jaunes et infractions),  j’ai mis une liste d’élèves qui travaillaient BIEN au tableau. (Je écrit tout simplement « Travaillent bien… » mais maintenant que j’y pense, j’aurais dû écrire « joueurs en vedette » ou « joueurs du match » pour garder le thème.)  Ma motivation était de donner des points à ces élèves pour le match de la semaine mais, sans même savoir à quoi se
rvait cette liste, j’ai remarqué plusieurs élèves se mettre à la tâche en voyant la liste. Quelques uns m’ont même signalé leur travail pour s’assurer une place au tableau.

Je crois que je vais continuer à mettre l’accent sur les élèves à la tâche et voir si cela peut réduire le nombre (trop élevé) d’élèves que j’ai en retenue à l’heure du dîner…

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J’ai horreur des levées de fonds…

Marc-O et moi après ma première course, en 2011. Je cours pour me garder en forme et bien équilibrée

Marc-O et moi après ma première course, en 2011. Je cours pour me garder en forme et bien équilibrée

… Mais je me suis engagée à lever 500$ pour la Société de leucémie et lymphome du Canada.  Voilà tout un défi pour moi!   Je m’entraîne pour une course de 10km avec l’équipe Moms In Training, ici à Edmonton le 15 septembre 2013.  Ensemble, nous lèverons 10 000$ pour la recherche et les services aux patients de lymphome et de leucémie.  Pour moi, cet événement me permet à sortir de ma coquille et de faire une différence en rencontrant de nouvelles personnes.

La leucémie demeure la forme de cancer le plus commun chez les enfants. Comme parent, je pense à mon enfant et je veux faire ma part pour découvrir de nouveaux traitements, améliorer la vie de ceux qui sont atteints et prévenir la leucémie et le lymphome.

Selon la SSLC, vos contributions aident à financer:

  • les recherches afin de développer de meilleurs traitements contre les cancers du sang;

  • les services aux patients pour améliorer la qualité de vie et fournir une aide financière aux patients et leurs familles dans les communautés à travers les États-Unis et au Canada;

  • les programmes éducatifs aidant les patients, leurs familles, et les professionnels de la santé, à prendre des décisions éclairées et améliorer leur habileté d’adaptation;

  • les programmes de sensibilisation qui offrent aux patients une voix pour encourager la recherche sur le cancer soutenue par le gouvernement et les programmes aux patients ainsi que l’accès à de meilleurs traitements.

Je participe à cet évènement à l’honneur de toutes les personnes qui doivent se battre contre le cancer du sang. Ces personnes sont les véritables héros et ils ont besoin de votre appui pour accomplir le but ultime : un remède! Trina, un membre de notre équipe qui a survécu à cette terrible maladie, est un excellent exemple de persévérance et me rappelle l’importance de se battre contre le cancer. 

Je vous prie de m’aider atteindre mon but de $500 pour le cancer du sang et avancer la mission de la SLLC. Vous pouvez contribuer en ligne  ou envoyer un chèque par la poste (envoyez-moi un courriel pour un formulaire et mon adresse postale).  Vous recevrez un reçu aux fins de l’impôt.

Merci infiniment de votre appui!

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Cinq sites de ressources pédagogiques utiles

Touche d'entrée

Image gracieuseté de Frédéric BISSON

Eh bien, c’est l’été! J’espère que vous en profitez bien du beau temps et du temps libre tout en réfléchissant déjà à l’année qui s’en vient.  Pour les motivés,  je partage avec vous cinq sites que je trouve très utiles et qui contiennent des ressources pédagogiques (surtout pour le français).

(Ressources compilées dans le cadre du cours PDP 1620: Éducation à l’enfance en difficulté – Partie 1)

Habilo Médias

Ce site du Centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique contient des ressources pédagogiques ainsi que la recherche et un blog.  Les ressources portent, entre autres, sur la cyberintimidation, comment identifier la haine sur un site Web et la cybersécurité.  Ces activités peuvent s’insérer facilement au cours de français mais la littératie numérique demeure pertinente à toutes les matières.

http://habilomedias.ca/

Smart Exchange (Canada – français)

Il s’agit d’une banque de ressources pour TBI créées pour et par des enseignants.  On y trouve pour toutes les matières et tous les niveaux. Pour ceux qui n’ont pas Smart Notebook, on peut ouvrir les fichiers à partir de leur application Web : http://express.smarttech.com/

http://exchange.smarttech.com/index.html?lang=fr_CA#tab=0

EdHelper (français)

Ce site de ressources et d’outils pédagogiques contient des activités, des fiches reproductibles ainsi que des outils utiles pour tous les niveaux.  La section « Création de puzzles » permet de créer ses propres mots croisés, des mots mêlés, ou même des jeux de logique.

http://www.edhelper.com/French/

Franc Parler

De L’organisation internationale de la francophonie, ce site propose des ressources pédagogiques, des fiches pédagogiques, des ressources pour l’enseignant ainsi que des articles d’actualité et sur l’enseignement du français. Les ressources sur le français oral sont particulièrement intéressantes.

http://www.francparler-oif.org/

Le plaisir d’apprendre

« Le site de ressources du CAVILAM – Alliance française pour les professeurs de français langue étrangère » contient une variété de ressources pédagogiques pour l’enseignement du français, incluant des activités, des fiches et des liens, parmi d’autres.  Bien que le site soit voué au français langue seconde, la plupart des ressources peuvent aussi bien s’appliquer aux cours de français langue maternelle.

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La relecture et l’explication de texte

L’article de Teach Thought (en anglais) « What Close Reading Actually Means » décrit en grand détail le processus de faire une explication de texte réussie.  Bien que le terme « close reading » soit généralement réservé aux études universitaires, l’auteur Grant Wiggins affirme qu’on devrait  commencer à se servir de ces stratégies dès le primaire.

J’aime surtout son analyse de la nature de l’explication de texte:

« L’explication de texte = relecture + inférence pertinente » (extraits traduction libre).

En plus de se servir de la taxonomie de Bloom, les enseignantes et les enseignants pourraient se servir des éléments de la lecture approfondie pour créer des activités qui ramènent les élèves directement au texte.  Il donne l’exemple de la question suivante:

« Avez-vous déjà été pris(e) dans un piège comme dans l’histoire ou avez-vous déjà joué un tour sur quelqu’un? Pourquoi avez-vous fait cela ou pourquoi l’autre personne l’a-t-elle fait? »

Cette question ne demande aucune relecture pour pouvoir répondre.  À l’inverse, il présente la question:

« Des vrais amis se jouent-ils des tours? La grenouille dans l’histoire est-elle vraiment une bonne amie? »

Le second exemple encourage l’élève à relire (ou au moins à réfléchir sur) le texte.

Dans mon expérience, la plupart des élèves hésitent de relire le texte croyant fermement qu’une fois suffit.  Peut-être que la composition des questions en plus des rappels verbaux pourraient les encourager à développer cette habitude.

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De victime à intimidateur | Infobourg.com

Infobourg.com nous présente le cas de Simon, un Victime devenu agresseur, et de sa rehabilitation.

Je crois fermement que pour éliminer le taxage à l’école, il faut se concentrer sur les agresseurs. Les punitions ne peuvent pas régler le problème. Au minimum, une politique de zéro tolérance basée sur la punition ne fait que rendre l’intimidation moins visible en poussant les incidents hors du terrain de l’école où on n’a pas de contrôle. Pour arrêter le taxage, il faut plutôt découvrir la cause des actions de l’agresseur. Toute intervention qui n’adresse pas la source de l’intimidation manquerait son coup.

L’article d’Infobourg présente une perspective intéressante que je n’avais jamais considéré. On déconseille la médiation entre victime et agresseur:

On ne demanderait pas à une femme battue de faire de la médiation avec son mari violent, ça laisse entrevoir qu’elle a quelque chose à voir là-dedans.

Encore une autre raison de vouloir se concentrer sur la réhabilitation de l’agresseur.

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La musique et la concentration

Une expérience avec un élève la semaine passé ma rappelé un article par Élona Hartjes du blog Teachers At Risk.

Je travaillais avec un élève qui éprouve beaucoup de difficulté à se concentrer, au point où il peut à peine suivre le fil d’une conversation.  Il complète son travail difficilement et je dois constamment le ramener à la tâcher.  Pendant cette session je l’aidais avec du travail de classe.  Il a remarqué mon portable allumé et il a demandé si je pouvais jouer de la musique pour lui.  Je lui ai répondu qu’on pouvait seulement écouter de la musique s’il complétait son brouillon.  Une fois complété, j’ai mis de la musique pour lui et, à mon grand étonnement, il a complété sa bonne copie avec une rapidité et une concentration exceptionnelles!

J’ai eu de résultats semblables au passé avec une élève maintenant au secondaire.  Ses difficultés de concentration semblent s’améliorer si elle a le droit d’écouter sa musique.

Mme Harjes propose l’hypothèse que, pour les élèves ayant des difficultés à se concentrer, la musique crée du bruit de fond constant qui leur permet de se mettre à la tâche  sans se faire distraire par le bruits de la salle de classe et des autres élèves.

music acts like white noise in the background preventing students from noticing every other little noise that usually distracts them. Some kids can’t tune out things like a pencil dropping or someone asking a question.

Mme Hartjes nous avertit, par contre, que plusieurs appareils mobiles comme le iPod Touch permettent aux élèves non seulement d’écouter la musique mais d’accéder à Internet, envoyer des textos et jouer des jeux.  Ainsi, ces appareils risquent de  distraire  l’élève au lieu de l’aider à se concentrer. Je ne suis pas contre les appareils mobiles à l’école mais il faut s’assurer que leur utilisation en classe soit lié à la tâche. Elle inclut également des lignes directrices pour utiliser la musique en classe sans que cela devient un problème de gestion de classe.

Avez-vous des élèves qui se concentrent mieux à l’aide de musique?

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Le mythe des natifs numériques

Image Flickr par ~C4Chaos

Joe Bower de « For the love of Learning » a écrit cette semaine sur l’idée que nos jeunes sont des « natifs numériques »: Digital Native Myth. Il maintient que l’idée de la compétence innée en technologie est ridicule:

If someone came out and tried to sell the idea that some children are literacy natives, we would scoff at them because we know that the ability to read and write, like all learning, is constructed from the inside out while interacting with our environment.

Si quelqu’un venait nous vendre l’idée que certains enfants sont des natifs de la littératie, nous nous en moquerait car nous savons bien que l’habileté de lire et d’écrire, comme tout apprentissage, est construit de l’intérieur en interaction avec l’environnement. (Traduction libre)

Contrairement à M. Bower, je ne crois pas que « natif » veut dire « habileté inné » comme il semble vouloir dire. Le fait d’être natif de quelque part ne veut pas dire qu’on naît capable de tout faire et n’a rien à faire avec l’ADN, comme il soulève dans son article.  Un enfant doit toujours découvrir son environnement. Il est vrai que tout les jeunes ne sont pas forcément à l’aise dans le monde numérique.  Ils n’ont pas tous les moyens d’y accéder à la maison et les parents ne sont pas toujours en mesure de les appuyer à la maison.  Je ne crois pas que cela nie l’existence des natifs numériques.

Pourtant, je suis entièrement d’accord qu’on se sert parfois du terme pour négliger l’enseignement de la technologie.  Même les jeunes qui se servent de l’ordinateur depuis toujours doivent apprendre la littératie numérique et l’utilisation judicieuse des nouvelles technologies.  La plupart de mes élèves peuvent envoyer des textos et naviguer les réseaux sociaux.  Ils peuvent me nommer une centaine de sites de jeux.  Mais ils ne savent pas comment faire la mise en page,  évaluer les résultats d’un moteur de recherche ou assurer leur sécurité.  En les classant comme natifs numériques, on risque d’oublier qu’ils ont toujours beaucoup à apprendre.

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Dyspraxie, dysgraphie, dysphasie, dyslexie… apprendre le clavier

Taper un texte à l’ordinateur au lieu d’écrire à la main peut beaucoup aider les élèves en difficulté à produire un texte plus lisible grâce à la correction d’orthographe et au fait que la calligraphie n’entre plus au jeu.  Je remarque, toutefois, que plusieurs d’entre ont autant de difficulté à taper qu’à écrire. Le processus de trouver les lettres au clavier et de choisir le bon mot dans le correcteur peut être long et ardu.  Il existe des logiciels pour aider, comme Word Q mais les logiciels ne sont pas toujours disponible et prennent une formation pour bien l’exploiter.

Le blog Dysmoi présente une liste de logiciels pour aider les élèves dyslexiques, dysgraphiques, dyspraxiques, dysphasiques (ou tout autre élève) à apprendre le clavier.

À cette liste, je voudrais ajouter (avec plusieurs réservations) l’application Android SwiftKey.  Cette application remplace le clavier par défaut de la tablette ou du téléphone intelligent Android, rendant les touches plus accessibles.  Encore mieux, ce clavier apprend le style de l’utilisateur et se rappelle des combinaisons de mots fréquents.  Ainsi, l’application prédit le prochain mot de l’utilisateur et offre trois possibilités au-dessus du clavier. Un élève ayant de la difficulté à écrire peut donc choisir la plupart de ses mots, au lieu de les taper (en faisant la correction d’orthographe en même temps!) J’ai un élève qui s’en sert pour écrire ses textes en français et produit beaucoup plus grâce à cette application.

Pourtant, j’ai fait l’essai avec deux autres élèves sans grand succès.  Pour un, son orthographe est tellement loin de la norme que Swiftkey ne réussit pas à deviner ses mot.  Pour l’autre, il trouve écrire à un écran tactile trop ardu, préférant le clavier d’ordinateur.

Je recommande quand-même cette application pour les élèves technophiles éprouvant des difficultés de langue.   Il est payant (moins de 5$) mais on peut télécharger une version mise en essai avant de déterminer s’il vaut la peine.

Quels logiciels recommandez-vous?

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Le déjeuner gratuit contribue-t-il à la crise de l’obésité?

Je vous ai parlé du programme de déjeuner et de l’obésité, en faisant référence à l’article du New York Times citant les inquiétudes de certains administrateurs envers le programme du déjeuner ouvert à tous.  Aujourd’hui j’ajoute mes impressions.

Je ne crois pas que le fait de manger plus qu’une fois le matin contribuerait à l’obésité.  Au contraire, il pourrait améliorer la santé de ces jeunes en leur enlevant la tentation de prendre une collation plus gras ou plus sucré.  Si le programme offre seulement des options santé comme des pommes, des bananes et du pain, il est peu probable qu’un enfant mangerait l’équivalent de deux déjeuners (et donc deux fois les calories nécessaires).  Je ne vois pas un ado manger une banane par gourmandise.

Si l’enfant ou l’ado veut compléter son déjeuner à l’école, il avait probablement encore faim.  Le granola ou le yogourt qu’il a pris en classe était peut-être plus nutritif que ce qu’il a mangé à la maison.  J’aimerais mieux enseigner à un élève qui a pris une pomme « de trop » que de voir les jeunes avoir de la difficulté à se concentrer à cause du faim.

Selon l’article, l’important, c’est de tenir les parents au courant du menu. Comme ça, ils pourront mieux planifier leurs repas à la maison.  J’ajouterai qu’il est également important de s’assurer que le déjeuner à l’école est bien nourrissant, ce qui enlèverait la tentation de manger à l’excès.

Avez-vous un programme de déjeuner à l’école? Est-il efficace?

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Le programme de déjeuner et l’obésité

On a lancé notre programme de déjeuner au mois de septembre avec une marche d’un km dans la communauté.  Toute l’école a marché derrière un gros panneau portant le logo de la fondation Kids Eat Smart (site uniquement en anglais), qui nous a aidé à mettre le programme sur pied.

Il est un défi de trouver les fonds et les bénévoles nécessaire au maintien du club de déjeuner mais les élèves et le personnel semblent tous bien apprécier le programme.  Certains élèves voyagent de loin et doivent se lèver tôt le matin. Les élèves n’ont pas toujours faim avant de partir de la maison.  D’autres élèves n’ont pas accès à un déjeuner sain à la maison.  Le club du déjeuner offre un petit déjeuner sain à tous les élèves.  Comme les élèves peuvent choisir de manger ou non, le déjeuner est fait sur mesure pour minimiser le gaspillage de nourriture.

Ce genre de programme devient de plus en plus populaire au Canada, comme aux États-Unis. Pourtant, tout le monde n’est pas d’accord.  À New York, on a retardé l’expansion du programme parmi des craintes de contribuer au problème de l’obésité. Le New York Times rapporte qu’on a remarqué que certains jeunes mangeaient à la maison avant de prendre le déjeuner offert à l’école, ce qui pourrait contribuer à un excès de calories pendant la journée.  La lutte contre l’obésité étant à la mode aux États-Unis, cette idée inquiète certains administrateurs.  De son côté, Dr. Murphy insiste qu’il ne faut pas limiter la lutte contre la pauvreté par souci de surpoids:

“What are you going to do?” Dr. Murphy asked. “Have a scale and say you can’t have the free breakfast because you’re already overweight?”

Qu’en pensez-vous? Je publierai mes commentaires dans un autre article.

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