Entre les branches

Les aventures d'une enseignante francophone

Des débuts de ludification

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Depuis l’atelier éblouissant de M. Scott Hebert, je  suis entrain de modifier mes pratiques pour inclure de plus en plus de ludification (gamification) dans mes cours.  En bref, la ludification, c’est l’incoporation des éléments de jeu en salle de classe.  Pour moi, cela implique un système qui mesure le progrès à partir de zéro, des éléments de compétition et des récompenses non-matériels.

Bien que M. Hebert suggère fortement l’installation graduelle d’un système de ludification, je me suis lancée tout de suite dans la modification de mon cours d’option à part entière, tellement cette idée m’a emballée. (Un billet sur mon histoire de pirates est à venir). Un mois plus tard, j’ai installéun système de « football » pour la gestion de classe d’un deuxième cours (billet à venir).  Je ne peux pas dire que cela a complètement changé mon enseignement mais j’aime bien les résultats jusqu’ici.

Un exemple d’une toute petite modification que l’on peut installer immédiatement m’est venue à l’esprit pendant mon cours aujourd’hui. J’ai un groupe d’élèves très agités (il s’agit du groupe « football ») et, fatiguée de donner des avertissements et des conséquences (cartons jaunes et infractions),  j’ai mis une liste d’élèves qui travaillaient BIEN au tableau. (Je écrit tout simplement « Travaillent bien… » mais maintenant que j’y pense, j’aurais dû écrire « joueurs en vedette » ou « joueurs du match » pour garder le thème.)  Ma motivation était de donner des points à ces élèves pour le match de la semaine mais, sans même savoir à quoi se
rvait cette liste, j’ai remarqué plusieurs élèves se mettre à la tâche en voyant la liste. Quelques uns m’ont même signalé leur travail pour s’assurer une place au tableau.

Je crois que je vais continuer à mettre l’accent sur les élèves à la tâche et voir si cela peut réduire le nombre (trop élevé) d’élèves que j’ai en retenue à l’heure du dîner…

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Nouveau poste

Je suis maintenant formatrice de stratégies cognitives (cognitive strategies instructor) à l’université de l’Alberta.

Je vais continuer à travailler ce blog mais j’ai un choix à faire au sujet de la langue: changer au français pour pouvoir inclure mes nouveaux collègues et étudiants, continuer en français pour garder mon public ou créer un nouveau blog puis partager mon temps entre les deux.

Suggestions?

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La musique et la concentration

Une expérience avec un élève la semaine passé ma rappelé un article par Élona Hartjes du blog Teachers At Risk.

Je travaillais avec un élève qui éprouve beaucoup de difficulté à se concentrer, au point où il peut à peine suivre le fil d’une conversation.  Il complète son travail difficilement et je dois constamment le ramener à la tâcher.  Pendant cette session je l’aidais avec du travail de classe.  Il a remarqué mon portable allumé et il a demandé si je pouvais jouer de la musique pour lui.  Je lui ai répondu qu’on pouvait seulement écouter de la musique s’il complétait son brouillon.  Une fois complété, j’ai mis de la musique pour lui et, à mon grand étonnement, il a complété sa bonne copie avec une rapidité et une concentration exceptionnelles!

J’ai eu de résultats semblables au passé avec une élève maintenant au secondaire.  Ses difficultés de concentration semblent s’améliorer si elle a le droit d’écouter sa musique.

Mme Harjes propose l’hypothèse que, pour les élèves ayant des difficultés à se concentrer, la musique crée du bruit de fond constant qui leur permet de se mettre à la tâche  sans se faire distraire par le bruits de la salle de classe et des autres élèves.

music acts like white noise in the background preventing students from noticing every other little noise that usually distracts them. Some kids can’t tune out things like a pencil dropping or someone asking a question.

Mme Hartjes nous avertit, par contre, que plusieurs appareils mobiles comme le iPod Touch permettent aux élèves non seulement d’écouter la musique mais d’accéder à Internet, envoyer des textos et jouer des jeux.  Ainsi, ces appareils risquent de  distraire  l’élève au lieu de l’aider à se concentrer. Je ne suis pas contre les appareils mobiles à l’école mais il faut s’assurer que leur utilisation en classe soit lié à la tâche. Elle inclut également des lignes directrices pour utiliser la musique en classe sans que cela devient un problème de gestion de classe.

Avez-vous des élèves qui se concentrent mieux à l’aide de musique?

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Dyspraxie, dysgraphie, dysphasie, dyslexie… apprendre le clavier

Taper un texte à l’ordinateur au lieu d’écrire à la main peut beaucoup aider les élèves en difficulté à produire un texte plus lisible grâce à la correction d’orthographe et au fait que la calligraphie n’entre plus au jeu.  Je remarque, toutefois, que plusieurs d’entre ont autant de difficulté à taper qu’à écrire. Le processus de trouver les lettres au clavier et de choisir le bon mot dans le correcteur peut être long et ardu.  Il existe des logiciels pour aider, comme Word Q mais les logiciels ne sont pas toujours disponible et prennent une formation pour bien l’exploiter.

Le blog Dysmoi présente une liste de logiciels pour aider les élèves dyslexiques, dysgraphiques, dyspraxiques, dysphasiques (ou tout autre élève) à apprendre le clavier.

À cette liste, je voudrais ajouter (avec plusieurs réservations) l’application Android SwiftKey.  Cette application remplace le clavier par défaut de la tablette ou du téléphone intelligent Android, rendant les touches plus accessibles.  Encore mieux, ce clavier apprend le style de l’utilisateur et se rappelle des combinaisons de mots fréquents.  Ainsi, l’application prédit le prochain mot de l’utilisateur et offre trois possibilités au-dessus du clavier. Un élève ayant de la difficulté à écrire peut donc choisir la plupart de ses mots, au lieu de les taper (en faisant la correction d’orthographe en même temps!) J’ai un élève qui s’en sert pour écrire ses textes en français et produit beaucoup plus grâce à cette application.

Pourtant, j’ai fait l’essai avec deux autres élèves sans grand succès.  Pour un, son orthographe est tellement loin de la norme que Swiftkey ne réussit pas à deviner ses mot.  Pour l’autre, il trouve écrire à un écran tactile trop ardu, préférant le clavier d’ordinateur.

Je recommande quand-même cette application pour les élèves technophiles éprouvant des difficultés de langue.   Il est payant (moins de 5$) mais on peut télécharger une version mise en essai avant de déterminer s’il vaut la peine.

Quels logiciels recommandez-vous?

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Blog orthophonie

Je lis le Blog orthophonie depuis quelques semaines – belle trouvaille! Trois orthophonistes, Marie, Brigitte et Céline, nous renseignent sur les troubles de language, Le blog s’adresse tantôt aux parents, tantôt aux intervenants en permettant à ces derniers de mieux comprendre le développement du language chez l’enfant.

Comme enseignante de francisation, j’apprécie beaucoup leur perspective professionnelle dans ce domaine. Par exemple, leur article sur La compréhension du vocabulaire et des concepts m’a fait réfléchir sur la différence entre le vocabulaire abstrait et le vocabulaire concrêt.  C’est une distinction que je pourrais utiliser pour mieux cibler les besoins de mes élèves et dépister des difficultés.

J’aime également les articles destinés aux parents, car mon petit apprend à parler et de trouve son progrès fascinant.

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L’hypocrisie de « Pourrir le web »

L’histoire d’un prof de Lycée parisien qui a « pourri le web » pour jouer un tour sur ses élèves qui font du plagiat.

Un  article sur rtbf résume et explique la démarche du prof, lui donnant raison:

Si certains professeurs ne se rendent peut-être pas bien compte de ces tricheries facilitées avec l’avènement des nouvelles technologies et maintenant des smartphones permettant de telles pratiques « en temps réel« , gageons que cela change dans un futur (très) proche. Oui, maintenant vos professeurs savent aussi utiliser internet.

À première vue, j’ai trouvé l’idée bien amusante mais en lisant son article, je suis devenue de plus en plus mal à l’aise. En lisant sa conclusion que  » les élèves au lycée n’ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres », mon sang bouillait… Fallait répondre.

Après avoir réfléchi, je suis maintenant carrément convaincu de l’hypocrosie et du manque d’éthique de cette démarche.

  1. Tendant le piège à ses élèves, le prof les a « invités à fournir un travail exclusivement personnel » sans l’exiger.  Voilà une nuance importante.  Les élèves avaient le droit implicite de consulter d’autres sources.
  2. Il a délibèrement choisi un texte où les ressources n’existaient pas, assurant l’impossibilité qu’un élève fasse une recherche web appropriée.
  3. Il est bien hyprocrite de faire une leçon sur l’honneteté intellectuelle en ayant recours aux techniques de fraude (créant des sites pour le seul but d’améliorer sa visibilité Google, se faire passer pour un élève et un érudit).
  4. Le prof a pris toutes les démarches pour donner l’apparence de validité à ces sites.
  5. (et surtout) Il a donné ce travail en début d’année, sans former les élèves sur la façon approprié de citer des sources et de juger la qualité de l’information.

Certes, les élèves n’auraient pas dû copier.  Surtout ceux ayant recours au site de corrigés payants devaient savoir que leurs actions contournaient les règles.  Je dois aussi féliciter le prof pour avoir corrigé sans noter les travaux pour ne pas punir les élèves.  Mais je ne peux pas approuver d’une démarche où le prof lui-même a recours au fraude intellectuel pour prouver que le plagiat n’est pas acceptable. Et surtout, on ne pas conclure que les élèves ne sont pas capable de tirer profit des TIC à cause d’un échec où le prof a fait tout son possible pour leur mettre des bâtons dans les roues.

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Comment perdre l’intérêt des élèves

Ampoule

J’essaie d’encourager mes élèves à l’intermédiaire (des jeunes ados) à s’exprimer en français à travers les TIC, surtout le blog. Je leur demande de répondre à la question de la semaine dans les commentaires de ce blog, de lire les blogs des élèves comme eux et d’explorer le compte Twitter (@elevesNL).

Je voulais créer des situations de communication authentique pour eux.  Malheureusement, les élèves étaient très peu engagés.  Ils laissaient des commentaires et publiaient des tweets, mais à contre-coeur. Je commençais à me douter de l’utilité de cet exercice.

Mais j’ai eu un moment Eureka! ce matin (c’est une semaine pleine de révélations pour moi). En travaillant avec mon élève ce matin, je lui ai demandé s’il y avait un tweet dans le fil qui l’intéressait (dans le but de lui y faire répondre).  L’élève a répondu « Non, sauf si quelqu’un parle de Pokémon. » Voilà le problème! Si un élève s’intéresse à peine à l’école, pourquoi s’intéresserait-il à lire un blog publié par une classe à propos de leur école? Ces blogs sont intéressants pour certains élèves mais je n’ai pas ce clientèle-là.

Je lui ai fait faire une recherche Google pour des blogs Pokémon en français.  Il en a trouvé un, qu’il a vite commencé à lire (lire!) avec intérêt (en français!) Il semblait connaître si bien le sujet que je lui ai demandé s’il voulait créer son propre blog à propos de Pokémon.  Sa réponse: un gros « OUI! » Maintenant, mon élève qui boudait en me voyant venir a hâte à la prochaine session de francisation.

La morale de l’hisoire: Comme toujours, ce n’est pas la forme, mais le fond, qui engage les élèves.  À eux seuls, les TICs n’engagent pas les jeunes.  C’est l’information qu’ils permettent de transmettre qui compte.

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Faire bloguer les élèves

Étant donné que les commentaires en réponse aux défis de la semaine diminuaient, je cherchais un autre moyen d’accrocher les élèves. Grâce à un commentaire laissé par une enseignante à l’École du sommet en Alberta sur ce blog, j’ai trouvé le Blog des élèves de la 5e à la 7e année. Génial! Mes élèves de la 5e à la 8e année qui suivent le programme de francisation en profiteront pour pratiquer leur communication écrite.  Le fait d’écrire pour un public authentique (et de leur âge) pourrait bien leur motiver.

Jusqu’ici, il n’y a pas un grand nombre de billets publiés, mais les sujets sont très variés et plusieurs élèves sont représentés.  J’espère que cette belle initiative continue et que nos élèves puissent se tisser des liens en « bloguant ».

pas encore convaincu? En voici Dix raisons pourquoi vos étudiants devraient bloguer/ de Mario Asselin (Mario tout de go).

À vos marques, prêts, bloguez!

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La nétiquette: comment faire un commentaire de blog

J’ai créé la présentation suivante pour préparer les élèves à commenter sur des blogs. Je leur donne le conseils de faire des commentaires originaux, respectueux, pertinents, précis et personnels.

Discussion:

Lundi, après avoir laissé son commentaire sur les mots de la semaine, une élève a laissé les commentaires suivants à la récréation: « Bye peoeple! » et « wats up poeple im back LMFAO ». Je ne les ai pas approuvés. À quel point est-ce qu’on devrait (ou ne devrait pas) censurer les commentaires des élèves?

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Peut-on laisser tomber la gestion de classe? Ma lecture hebdo

Poubelle

Voilà où j'ai déposé mes billets de récompense.

L’article de cette semaine n’est pas récent, mais je l’ai découvert cette semaine. Mrs Ripp de Blogging through the Fourth Dimension raconte son expérience en salle de classe après avoir abandonné tout système de gestion de classe. Là, je viens de trouver une âme sœur! Après avoir essayé plusieurs systèmes de discipline (pour le comportement, parler français, les devoirs, etc.), je les abandonne, petit à petit, en grande partie à cause de mon incapacité de garder les comptes.

Au fond de moi, je savais que donner des punitions et des récompenses ne marchait pas. Toute la peine que je me donnais ne récompensait que les élèves modèles et punissait les élèves en difficulté. Peu importe le système (le nom au tableau, les billets de récompense, le registre, le tableau d’honneur), ça revenait au même.

Que faire à la place? Madame Ripp nous raconte qu’elle tente de créer une ambiance de respect et de sécurité dans la classe et de varier son enseignement selon l’humeur et les besoins de ses élèves. Pour résoudre les problèmes de comportement, elle en discute avec l’élève pour déterminer la cause du problème et pour l’amener à trouver une solution. Si nécessaire, elle arrête la leçon pour faire un genre de conseil de classe. Cette approche ne règle pas tous les problèmes, mais s’avère au moins aussi efficace que les systèmes de discipline qu’elle employait auparavant.  Quant à moi, j’ai toujours trouvé que techniques ponctuelles telles que le contact oculaire, la proximité ou un mot en privé bien plus avantageuses.

Il se peut que certains systèmes fonctionnent bien pour certains enseignants mais ce n’est pas pour moi. Je suis donc ravie de découvrir une philosophie justifiant cette approche.

Lire l’article intégral (en anglais): Put Your Name on the Board – a Tale of Why I Gave Up Classroom Discipline Systems

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