Entre les branches

Les aventures d'une enseignante francophone

Un peu de contexte

Dans les deux écoles où j’enseigne, la clientèle est plutôt  homogène.  La quasi-totalité  des élèves  sont d’origine française ou acadienne (certains élèves étant seulement la quatrième génération au Canada). En général, les grands-parents de mes élèves parlent  toujours français. Cette génération s’est fait battre à l’école pour parler français (ce qui a entrainé un très faible taux de scolarisation) et persécuter dans la région environnante.   À cause des difficultés qu’ils ont vécues, beaucoup de ces gens ont choisi d’élever leurs enfants en anglais.  En conséquence, une génération unilingue anglophone  s’est produite (les parents de mes élèves).

Dans les années 70, grâce au mouvement de revendication culturelle  et linguistique, on a mis sur pied un programme d’immersion  pour permettre à cette génération «perdue»  de retrouver sa langue.  Plus tard, l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés a permis l’ouverture des  écoles francophones, puis la création d’un conseil scolaire francophone.

Aujourd’hui, des anciens élèves du système francophone ont  atteint l’âge adulte et commencent à mettre leurs enfants à l’école francophone.  Ainsi, certains élèves au primaire ont des  parents bilingues.  Cela est un atout qui  facilite beaucoup les devoirs et la communication entre l’école et la maison.  Pourtant, il demeure la réalité que même ces élèves n’ont pas l’habitude de parler français  à la maison car leurs parents ont quand-même été élevés en anglais (par des parents anglophones).

Quant à la communauté, un bon nombre de services existent en français mais, dans la région environnante, l’accès est beaucoup plus limité. Les associations francophones de la région tentent d’offrir des activités culturelles et sociales pour préserver la langue dans la communauté.

En général, les élèves connaissent bien leur culture et leur  histoire.  Le but de la francisation à l’école  sera donc de leur donner les habiletés langagières de s’exprimer dans leur langue sans crainte.

-Adapté d’un témoignage que j’ai fait via Skype à l’Université de Moncton

Mon expérience est documenté ici.


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